Tag Archives: Comédie

Critique : Les Flingueuses de Paul Feig

L’humour contemporain est-il condamné à se noyer dans un océan de vulgarité ? C’est la question que l’on se pose à la vision de ces Flingueuses « bas du front ».

Critique : The Hit Girls, de Jason Moore

Véritable phénomène aux Etats-Unis (un deuxième volet est déjà en préparation), The Hit Girls (Pitch Perfect) débarque en France dans une quasi-indifférence. Vendu comme un produit pour adolescents à mi-chemin entre Glee et Mes Meilleures amies, ce film se révèle beaucoup plus intéressant qu’il n’y paraît.

Principalement parce qu’en se focalisant sur ces compétitions de chant a cappella, le film nous propulse dans un monde totalement nouveau. Un monde qui possède ses codes, ses uniformes et ses coups bas. Un vrai décalage culturel pour nous Français, baignés par une longue tradition de chansonniers et de chanteurs de variétés poussifs. Cette brochette d’actrices encore peu connues nous livre des performances live à faire pâlir d’envie les plus grandes stars du rock. La palme revient à la faussement rebelle Anna Kendrick (vue dans In The Air avec George Clooney) et à Rebel Wilson (Bachelorette), version féminine hybride entre Will Ferrel et Jack Black.

Evidemment, Jason Moore n’évite pas les éternels poncifs du genre avec des personnages légèrement caricaturaux (la coincée, la rebelle, la grosse, le geek…), des gags scatologiques à répétition et une narration linéaire prévisible. Un dernier point d’autant plus regrettable que le réalisateur a pour référence continuelle The Breakfast Club de John Hugues. Ce long métrage culte avait à l’époque révolutionné le film pour adolescents, prouvant que ce type de cinéma avait une vraie raison d’exister.

Malgré ses quelques fausses notes, The Hit Girls se vit comme un fell good movie dont vous ressortirez avec une forte envie de chanter… a capella !

Marianne

Critique : Mariage à l’anglaise, de Dan Mazer

Avec son titre accrocheur breveté par des génies du Marketing, Mariage à l’anglaise (I Give It a Year en VO) tente de surfer sur la vague des comédies britanniques que l’on a tant aimées (Quatre Mariages et Un Enterrement en tête). Ne faisons pas durer le suspense trop longtemps. Le long métrage de Dan Mazer (scénariste de presque tous les films de Sacha Baron Cohen) n’en a ni le charme ni l’humour subtil.

Non  que le film ne recèle pas de vrais moments de comédie, mêlant quiproquos et dialogues hilarants mais à aucun moment l’impression de déjà-vu ne nous quitte. Le copain insupportable, les parents envahissants ou coincés, le beau gosse tentateur… toutes les figures classiques du genre répondent à l’appel. Et pour la plupart, ils manquent de réelle épaisseur (à part la sœur cynique et désabusée interprétée par Minnie Driver).

Plus ennuyeux pour une comédie, le ton général de Mariage à l’anglaise est bancal. Si le cinéaste réussit le portrait du couple et de ses petits travers, les gags plus premier degré pataugent dans un formalisme convenu. De la part du scénariste de Borat, on était en droit d’espérer une réelle maîtrise de ses scènes !

La tentative de déconstruction de la comédie romantique traditionnelle était par contre une idée prometteuse. Au lieu de nous raconter comment deux personnes s’éprennent l’une de l’autre, le film débute le jour de leur mariage. Mais dans son traitement, cette love story inversée perd en substance et en crédibilité, jusqu’à la scène finale totalement improbable… Même les deux héros de l’histoire campés par Rose Byrne et Rafe Spall n’ont pas l’air de trop y croire. Toutefois cette séquence a le mérite d’être moins prévisible que d’ordinaire. Il faudra s’en contenter.

Marianne

Critique : Les Amants passagers, de Pedro Almodovar

Bonne nouvelle, Pedro Almodovar revient à la comédie. Colorés, décalés et ultra-sexués, ces Amants passagers s’inscrivent dans la  grande tradition de la movida, que le réalisateur a incarné au début des années 80.  Il y a donc un soupçon de Pepi, Luci, Bom et autres filles du quartier et une pincée de Attache-moi dans ce nouveau long métrage.

Pourtant en Espagne, la période d’euphorie qui a suivi la fin du Franquisme est bel et bien finie. La crise financière a sévi. Mais Almodovar aime toujours être là où on ne l’attend pas. Après le thriller ultra-esthétique La Piel que habito  et le drame passionnel Etreintes brisées, il renoue avec un genre qu’il avait (volontairement ?) délaissé.

Ce long métrage se vit donc comme une bulle de fantaisie. On suit les mésaventures d’un groupe de passagers et des membres d’équipage d’un avion en détresse. Alcool, drogues, mensonges, amours contrariées, orgasmes et chorégraphie forment le cocktail gagnant de cette comédie loufoque. Drôle, assurément. Ultra-gay, évidemment. Réjouissant, immédiatement. Pour le côté surprenant, par contre, on repassera. Ce subtil mélange de naïveté et de surréalisme est déjà connu, mais au final on s’en fiche un peu. Attachez tranquillement vos ceintures et laissez-vous guider.

Marianne

Critique : Au bout du conte, d’Agnès Jaoui

Ce qui intéresse le plus la réalisatrice Agnès Jaoui ? Sans aucun doute, les gens. Ou plus exactement, leurs petits travers et autres arrangements avec la réalité. Dans Au bout du conte, elle s’interroge sur la croyance, sous toutes ses formes. Croire en Dieu. Croire en l’amour. Croire en soi. Croire en demain. Et même ne croire en rien !

Pour illustrer cette thématique, Agnès Jaoui utilise l’imaginaire du conte de fées. Les transitions entre chaque scène, travaillées comme des tableaux impressionnistes, plantent le décor.  Dans le cadre, elle glisse quelques objets hétéroclites liés à cet univers  : l’horloge du lapin d’Alice au Pays des Merveilles, un poisson ballon qui ressemble étrangement à Némo, une chaussure oubliée sur un escalier… Certains de ses personnages incarnent aussi les grandes figures archétypales du genre (le grand méchant loup, la méchante reine, le petit chaperon rouge…).

Evidemment, la cinéaste s’amuse à prendre le contre-pied de ces fables, pour mieux souligner les maux du XXIe siècle. Au-delà de ces moqueries féeriques, Agnès Jaoui réussit une fois de plus ses dialogues. Drôles, crédibles et touchants, elle fait mouche dans chaque scène.

Au final, l’ensemble de ces petites saynètes composent un long métrage sympathique. Même si l’on aurait aimé qu’il ait un peu plus d’ambition que celle de nous faire rire.

Marianne