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Critique : American Bluff, de David O. Russel

Au pays des apparences, les bouffons sont des rois. Tel pourrait être le credo d’American Bluff. Dès les premières images, David O. Russel abat toutes ses cartes. Méfiez-vous des faux-semblants. Dans cette introduction génialissime, le spectateur découvre ébahi un Christina Bale méconnaissable (à des années-lumière du récent les Brasiers de la colèreen train de remettre méthodiquement son postiche. Une fois cet artifice bien accroché, la partie de poker menteur peut commencer.

Les meilleurs films de 2013

2014 est là. Mystérieuse, pleine de promesses. Mais avant de se tourner vers demain, comme au début de l’année dernière, un petit bilan annuel s’impose. Sur le papier 2013 était scintillante, remplie de films que Lost in Universes attendait avec impatience. On ne va pas vous mentir, beaucoup n’ont pas été à la hauteur de nos espérances. Tout simplement car si les univers graphiques sont le plus souvent splendides, les scénarios suivent rarement. Trop classique, trop caricatural, avec des personnages qui ont du mal à exister…

Jennifer Lawrence multiplie les projets

Alors qu’elle vient de remporter son premier Oscar pour son rôle de dépressive nymphomane dans Happiness Therapy, Jennifer Lawrence prépare déjà son avenir. En 2013, la jeune femme sera tout d’abord à l’affiche de la suite de des aventures de Katniss Everdeen dans Hunger Games : l’Embrasement (dont la sortie est prévue pour le 27 novembre). Très attendu par les fans, le long métrage se dévoile petit à petit. Deux nouvelles affiches à l’esthétique soignée (dont l’une se trouve juste ci-dessous) viennent d’ailleurs de voir le jour sur la toile.

Ensuite, Jennifer Lawrence retrouvera son partenaire de Hapinness Therapy, Bradley Cooper, dans Serena de Susanne Bier. Ce film signée par la réalisatrice danoise (Brothers, After the Wedding ) est l’adaptation du roman éponyme de Ron Rash. Jennifer Lawrence y interprétera le rôle-titre, une femme de caractère mariée à un riche et puissant exploitant forestier (Bradley Cooper) dans les années 30 en Caroline du Nord. Ces deux-là sont prêts à tout pour faire prospérer leur entreprise (manipulations, corruptions, voire menaces ou assassinats).  Cette épopée qui s’annonce grandiose n’a pas encore de date de sortie prévue en France. Mais une photo officielle est déjà parue.

En 2014, elle reprendra son rôle de Mystique dans la suite de X-Men : le commencement. Ce deuxième opus intitulé X-Men : Days of Future Past risque d’être l’un des événements majeurs de l’année prochaine. Outre le retour de Bryan Singer (réalisateur des deux premiers films) derrière la caméra, le film s’attaque à un axe narratif ambitieux du comics. Il y sera notamment question de voyage dans le temps. Les acteurs de la trilogie originale comme Anna Paquin (Malicia), Shawn Ashmore (Iceberg), Ellen Page (Kitty Pride) et bien sûr Hugh Jackman (Wolverine), Ian Mckellen (Magneto) et Patrick Stewart (Professeur X) sont d’ors et déjà annoncés au casting. Une belle manière de réunir les deux trilogies.

Enfin, Jennifer Lawrence est une actrice fidèle puisqu’elle retrouvera son réalisateur de Hapiness Therapy, David O’Russel, pour ses deux prochains films. Elle participera d’abord au projet encore sans titre du cinéaste (précédemment appelé American Bullshit). Elle rejoindra un casting des plus alléchants composé de Bradley Cooper, Christian Bale et Amy Adams. Ce polar situé à la fin des années 70 retracera une enquête secrète menée par le FBI afin de faire tomber des politiciens corrompus. Pour arriver à leurs fins, ils avaient embauché un duo d’arnaqueurs (joués par Bale et Adams). Jennifer Lawrence interprétera le rôle de la femme du personnage de Christian Bale, tandis que Bradley Cooper sera un agent du FBI. La jeune femme sera ensuite l’héroïne de  The Ends of the Heart  qui conte la vie mouvementé de Lydie Marland. D’abord adoptée par son riche oncle magnat du pétrole, elle finit par l’épouser quelques années plus tard. Et ce ne fut pas sans conséquence sur la fortune de ce dernier…

Marianne

Critique : Happiness Therapy, de David O. Russel

Difficile de trouver une thématique commune à la filmographie de David O. Russel. Entre les péripéties illuminées de soldats américains en Irak (Les Rois du désert), le pensum fantaisiste et surréaliste (J’adore Huckabee) et la chronique « self made man » âpre et intense (Fighter), le réalisateur prend un malin plaisir à brouiller les pistes sur ses obsessions personnelles.

Pourtant avec Hapiness Therapy, une constante se confirme. Au-delà de  l’enchevêtrement de genres qui constitue son œuvre, David O. Russel semble avoir une affection particulière pour les marginaux et les personnages décalés. En témoignent les deux héros de son nouveau long métrage : un homme bipolaire qui sort d’un séjour en hôpital psychiatrique et une jeune femme en pleine dépression tendance « nymphomane » après la mort de son mari. Ces deux-là sont comme des enfants perdus, tentant désespérément de retrouver le fil d’une existence dont ils ont égaré les codes. Leur rencontre va faire des étincelles et constitue la trame narrative principale de cette comédie aux accents dramatiques.

Pour donner chair à ces deux êtres en équilibre précaire, David O. Russel a opté pour deux stars en vogue du moment : Bradley Cooper et Jennifer Lawrence. Jusqu’à présent cantonné dans des rôles de séducteur Cooper montre ici une nouvelle facette de son jeu. Torturé, lunatique et habité, il ne commet aucune fausse note. Jennifer Lawrence, lumineuse, est son parfait alter ego féminin. Elle prouve une fois de plus qu’elle est aussi à l’aise dans les grosses machines hollywoodiennes (Hunger Games, X-Men) que dans des projets plus confidentiels (Winter Bones). A noter également, la jolie prestation de Robert de Niro dans le rôle d’un père rempli de Toc, qui préfère à nouveau la nuance au cabotinage.

Filmer les névroses comme les scènes d’hystérie peut s’avérer un exercice assez compliqué. Mais David O. Russel sait toujours prendre la distance suffisante pour ne pas perdre le spectateur sans trahir ses personnages. Il cale d’ailleurs sa mise en scène sur l’évolution de son personnage principal. Au début hésitante, nerveuse, toujours en mouvement… la caméra se stabilise, prend plus de recul à l’image de son héros qui se métamorphose.

La musique est certainement une autre pierre angulaire de l’œuvre de David O. Russel. Dans son dernier opus, elle  a un rôle pivot. Au départ sorte de déclencheur psychique des crises du héros, elle va au final, au travers de la danse, lui permettre de dépasser ses conflits intérieurs. L’ensemble des nœuds narratifs est d’ailleurs résolu dans une scène de danse assez jouissive. Un happy end, peut-être un peu facile (avec l’amour comme moteur de rédemption), n’empêche pas le film de s’inscrire comme l’une des meilleures « dramédies » romantiques de ces dernières années.

Marianne