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Critique : A Ghost Story, de David Lowery

Sur l’affiche de A Ghost Story, on voit un fantôme dans sa pure expression enfantine (un drap blanc avec deux trous béants au niveau des yeux). Cette représentation spectrale épurée sur un fond noir n’est pas le présage d’un film d’horreur, comme certains spectateurs égarés dans les salles ont pu le penser. Au contraire, cette affiche annonce un long métrage antispectaculaire dont le principal argument est le temps qui passe. Amateurs de frissons et de jumpscares, on vous invite à passer votre chemin. Mais si certains d’entre vous sont prêts à sortir de leur zone de confort, alors le voyage poétique de David Lowery vous attend patiemment.

Critique : Pirates des Caraïbes 5 : la Vengeance de Salazar, de Joachim Rønning, Espen Sandberg

Sorti en 2003, le premier Pirates des Caraïbes fait déjà presque figure de divertissement vintage. Un temps où l’aventure l’emportait sur la preawarness* et les adaptations en série de super héros. Aujourd’hui dans un monde saturés de grosses productions globalisantes, comment la franchise Disney peut elle trouver un nouveau souffle ? Réponse en assumant une narration joyeuse et son esprit d’aventure.

Séries Mania 2016 : Beau Séjour, de Nathalie Basteyns, Kaat Beels, Sanne Nuyens et Bert Van Dael

A l’occasion de la 7e édition du Festival Séries Mania qui se tient jusqu’au 24 avril au Forum des images et à l’UGC des Halles, Lost in Universes revient chaque jour sur un show de la sélection. Aujourd’hui, on fait le point sur Beau Séjour, une série flammande co-créée à huit mains par Nathalie Basteyns, Kaat Beels, Sanne Nuyens et Bert Van Dael. 

Critique : Crimson Peak, de Guillermo del Toro

Bouh ! Guillermo del Toro nous refait le coup de la maison hantée. Si le cinéaste mexicain a déjà à son actif un bestiaire fantastique assez impressionnant (les vers de Mimics, les vampires de Blade 2, les  monstres du Labyrinthe de Pan et les créatures mécaniques de Pacific Rim), il n’avait exploré les fantômes qu’une seule fois avec le très tourmenté L’Échine du diable. Sauf que Crimson Peak n’est pas un film d’horreur au sens moderne du terme.

Bande-annonce : Crimson Peak, le film d’horreur de Guillermo del Toro

Tremblez, simples mortels ! Guillermo del Toro (Le Labyrinthe de Pan, Pacific Rim) revient avec un film de fantômes dont les premières images sont à couper le souffle. A mi-chemin entre l’esprit gothique de Sleepy Hollow et l’ambiance pesante du Rebecca d’Hitchcock, Crimson Peak impose déjà un univers visuel étonnant. Comme si le cinéaste revisitait l’époque victorienne pour en faire quelque chose de plus coloré et de moins austère.

Critique : Mama, d’Andrés Muschietti

Once upon a time… Le « Il était une fois anglo-saxon » donne le la du film. Tous les éléments du conte d’antan sont présents : le père indigne qui conduit ses enfants dans la forêt enneigée afin de les perdre et qu’elles meurent parce qu’il est incapable désormais de subvenir à leurs besoins… Une cabane isolée au fin fond des bois où habite une sorcière folle qui offre de la nourriture aux fillettes… Les contes ne sont pas loin, en tout cas les contes saturés de mort et de sexualité tels qu’ils étaient à l’origine avant que les frères Grimm ne les aseptisent pour les rendre acceptables par la bourgeoisie allemande de leur temps.

Malheureusement, n’en déplaise à son prestigieux producteur Guillermo del Toro, la magie de Mama ne dure pas très longtemps. Une fois posés les éléments de départ, certes très originaux, le film est sur sa lancée et ne surprend plus tellement. Il vaut cependant d’être vu pour ses acteurs : les fillettes, puisque Megan Charpentier (Victoria) et Isabelle Nelisse (Lilly) interprètent à la perfection des enfants sauvages élevées au creux de la forêt par une mère fantôme délirante, Nikolaj Coster-Waldau (l’oncle Lukas), qui jouait dans Oblivion mais  qui est surtout connu pour son rôle de Jamie Lanister dans la série Game of Thrones,  et la décidément formidable Jessica Chastain ( Des hommes sans loi, Zero Dark Thirty) qui incarne le personnage d’Annabelle, rockeuse désenchantée sans l’ombre d’une fibre maternelle mais amoureuse. Sans oublier le fantôme à la silhouette de ju-on japonisant, perdu et délirant.

Le traitement des rêves, surtout celui d’Annabelle qui prend des allures surréalistes dignes de Luis Bunuel, est épatant comme toute l’esthétique du film mais cela ne suffit pas à combler la facilité à laquelle se laisse aller le scénario. Et à l’instar des contes des frères Grimm, la sexualité disparaît comme par enchantement. Par contrecoup, le lien entre Annabelle et Lukas perd totalement en crédibilité.

Et deux éléments exaspèrent dans ce film : l’inévitable thérapeute qui ne cherche que son intérêt personnel au détriment de celui de ses patients  (non, ce n’est pas un spoiler, c’est un poncif) et l’éternelle reconstitution du noyau familial en dernière image. Le public américain en redemande sans doute puisque Mama cartonne au box office US, mais nous, franchement, nous sommes au bord de l’over-dose avec cette rockeuse qui se transforme en farouche mère prête à se battre bec et ongles pour « ses » filles.

Reste en mémoire la scène au cours de laquelle Annabelle souffle sur les mains de Lilly pour la réchauffer et où l’on sent que tout pourrait vaciller du côté de la vie.

Que le scénario soit aussi convenu est d’autant plus agaçant que la solution pour le rendre épatant était à portée de main ! Il suffisait d’accentuer le côté enquête policière à la façon de Millénium : les hommes qui n’aimaient pas les femmes. Las ! Tout est dévoilé en deux temps trois mouvements et sans l’ombre d’un problème par une archiviste complaisante. Le format série aurait sans aucun doute mieux convenu à cette histoire qui semble à l’étroit dans ce long métrage.

Pour ceux qui verront Mama (parce que malgré toutes ces critiques, le film vaut le coup), souvenez-vous : en grec ancien (et moderne ?), le pluriel de papillon signifie âme.

Laurence