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Critique : 71, de Yann Demange

Retenez bien ce nom : Yann Demange. Avec un seul film, ce cinéaste, qui a surtout œuvré à la télévision anglaise (Criminal Justice, Dead Set), s’impose comme un jeune homme à suivre. 71 est une petite révolution dans son genre, puisqu’il mixe deux styles de cinéma bien différent. Tout commence comme dans un film de « guerre » avec en toile de fond l’ambiance survoltée qui régnait dans le Belfast des années 70. Puis, quand le personnage principal se retrouve livré à lui-même dans une ville où tout le monde veut le descendre, on glisse progressivement vers le film de genre. Un cocktail explosif que Demange gère sans problème.

Critique : les Sorcières de Zugarramurdi, d’Alex de la Iglesia

Les brujas (sorcières, en espagnol) sont fort maltraitées en ce début d’années 2014. Après un très décevant Paranormal Activityces Sorcières de Zugarramurdi ne leur réservent pas un meilleur sort. Et si l’on n’attendait pas des miracles du spin off américain, les précédents films du réalisateur (Mes chers voisins, Le Crime Farpait) espagnol permettaient d’espérer un long-métrage ensorcelant.

Las ! Alex de la Iglesia a choisi la parodie pour traiter de la sorcellerie et ne s’en sort pas. Dès que le film trouve son rythme, il le pert dans des scènes qui ne parviennent jamais ni à être vraiment drôles, ni à faire vraiment peur. Les personnages sont tellement caricaturaux que le spectateur ne peut s’y attacher. Pire, il peine même à s’y intéresser (hormis le vieux fou du village et le fils torturé qui émeuvent).

De surcroît, le propos de la Iglesia est tellement anti-féministe que s’en est très vite décourageant. Un propos qui ne brille pas, en plus, par sa subtilité. En résumé, pour citer texto l’un des personnages masculins (qui sont tous quasi idiots et n’arrêtent pas de geindre) : « Quand les femmes parviennent à vous tenir par les couilles, elles les arrachent. D’un coup sec. » Peut-être les dialogues sont-ils plus caustiques en espagnol : les personnages parlent tellement et si rapidement que seule une partie en est traduite.

En revanche, en matière de fantastique proprement dit, la Déesse Mère est vraiment réussie. Impressionnante, répugnante, elle résume à la perfection le cauchemar de l’impitoyable mère archétypale destructrice.

Les prétendus sorciers et sorcières brûlées vifs pendant l’Inquisition espagnole au XVIIe siècle dans ce petit village méritaient un meilleur hommage. C’est d’autant plus dommage et incompréhensible que de la Iglesia connaît parfaitement son sujet comme il le prouve dans la longue interview qu’il a accordée à l’Ecran fantastique de ce mois de janvier. Sans doute n’est pas le Lars von Trier d’Antichrist ou le Roman Polanski du Bal des vampires qui veut…

Laurence