Tag Archives: Hugh Jackman

Critique : Chappie, de Neil Blomkamp

Avec District 9, le réalisateur sud-africain avait marqué durablement les esprits. Parce qu’il y maniait avec talent la satire sociale et politique dans un univers de science-fiction tout sauf aseptisé. Malheureusement, Elysium, son second long métrage, nous avait fait l’effet d’un pétard mouillé. Un budget conséquent et une star confirmée (Matt Damon) avaient certes permis à Blomkamp de retravailler son esthétique mais le scénario se contentait hélas d’aligner les lieux communs et les archétypes. Bilan : Lost in Universes a trouvé le temps très long… Chappie se devait de redresser la barre.

Critique : X-Men : Days of Future Past, de Bryan Singer

Bryan Singer l’a fait. Il a enfin repris les rênes de sa saga culte : les X-Men. Certes Matthew Vaughn avait déjà relancé la franchise avec talent, mais seul le créateur originel pouvait relever le défi narratif de ce X-Men : Days of Future Past. Car ce nouvel épisode joue allègrement avec les courbes du temps. Ici le passé et futur s’entremêlent pour créer un univers cohérent. Et ça fonctionne.

Critique : Prisoners, de Dennis Villeneuve

Quelque part dans le nord des Etats-Unis. Un jour de fête gris et pluvieux. Deux petites filles disparaissent… Prisoners commence comme un fait divers. Un de ceux que l’on entend à la télévision en priant pour que les enfants soient sains et saufs. En espérant que les policiers les retrouvent vite. Car dans ce genre d’affaires, le temps est compté…

Critique : Wolverine, le combat de l’immortel, de James Mangold

Commençons par une bonne nouvelle. Wolverine, le combat de l’immortel est le premier blockbuster de l’été 2013 à ne pas tenter de noyer le spectateur sous un torrent d’explosions à répétition tous les quarts d’heure ! (Même si la scène d’ouverture en contient une assez réussie…) Le début des aventures du mutant aux griffes en adamantium se veut même assez introspectif. Redevenu un loup solitaire, Wolverine est hanté par les fantômes de son passé. Il commence à vivre son immortalité comme une malédiction…

Trailer : Wolverine nous montre enfin ses griffes

Après l’affiche officielle et plusieurs photos, Wolverine : le combat de l’immortel (oui, ce sous-titre français fait un peu série b des années 80/90…) a enfin son premier trailer.

Ces quelques images ne dévoilent pas grand-chose de l’univers graphique de ce long métrage signé James Mangold (Walk the Line, Copland), mais elles se concentrent sur l’action et le mystère. Les dialogues laissent entendre qu’il existe peut-être un remède pour sauver Wolverine de sa condition d’immortel.

On vous rappelle que ce nouveau volet solitaire des aventures du héros aux griffes en adamantium se déroulera après les évènements de la première trilogie X-Men mais s’éloignera (heureusement) du sequel réalisé par Gavin Hood en 2009.

Wolverine : le combat de l’immortel sera dans les salles françaises à partir du 24 juillet 2013.

Marianne

Critique : les Misérables, de Tom Hooper

On adorera (comme beaucoup de spectateurs) ou on détestera (comme presque toute la critique française) sans demi-mesure. Car ces Misérables à l’américaine sont pleins de parti-pris auxquels le public devra adhérer s’il veut apprécier pleinement le spectacle.

Choisir d’adapter une comédie musicale à succès était déjà osé, mais le pari se double d’un pathos hugolien délibérément mis en avant et du choix de décors grandiloquents à la limite du pompier. Puisque les acteurs endossent leurs partitions avec brio, que le sentimentalisme émeut, que les grandes envolées lyriques enthousiasment parfois et que les rues de Paris assument leur côté kitsch, le film peut se regarder avec bonheur.

S’il était besoin d’une seule bonne raison d’aller voir le film, ce serait toutes les scènes où apparaissent  les Thénardiers, interprétés par Helena Bonham-Carter et Sacha Baron Cohen. De la pure méchanceté bouffonne, cruelle et avide, mise en scène avec brio et un gros grain de folie.

A cela s’ajoute l’interprétation d’Anne Hathaway en Fantine dans la formidable scène où elle en vient à se sacrifier pour Cosette.

Si Tom Hooper avait fait preuve d’autant d’inspiration sur toute la durée du film qui s’essouffle en deuxième partie malgré l’excellent Eddie Reydmane, on aurait peut-être tenu une grande adaptation du chef-d’oeuvre de Victor Hugo.

Laurence

Quoi ! Les Américains adaptent (une fois de plus) un chef-d’œuvre de la littérature française. Et ils osent en faire une comédie musicale… Paris résonne encore des cris d’effroi des bien-pensants qui se posent en défenseurs du patrimoine hexagonal. Mais en réalité, ils connaissent bien mal l’histoire.

Faire des Misérables une comédie musicale est une idée 100 % française. Ecrite en 1980 par Alain Boublil et le compositeur Claude-Michel Schönberg, elle fut mise en scène par Robert Hossein lui-même. Mais le public parisien ne lui accorda qu’un succès mitigé. La comédie musicale eut alors une seconde vie, une fois traduite en anglais. Elle fit les beaux jours de la scène londonienne avant de s’attaquer à Broadway. Pour les Anglo-saxons, le spectacle est une véritable institution.

Une fois cette vérité rétablie, une question se pose : comment réussir à transposer cette comédie musicale de la scène au grand écran sans la dénaturer ?  Pour commencer, il faut sélectionner un réalisateur anglais oscarisé. Derrière la caméra, on retrouve Tom Hooper qui a reçu cinq statuettes pour le pétillant Discours d’un roi. Cet amoureux des trames classiques réussit avec Les Misérables à faire monter petit à petit l’émotion, sans que le spectateur ne s’en rende compte. Par petites doses, le film accumule les moments de grâce. Anne Hathaway (Fantine) sublime le désespoir. Samantha Banks (Eponine) est lumineuse de tristesse sous la pluie.

La musique amplifie, elle, le lyrisme de l’œuvre de Victor Hugo. Les scènes de foule en haut des barricades paraissent encore plus intenses et dramatiques. Et les impitoyables Thénardiers nous entraînent, eux, allégrement dans la Commedia dell’ arte. Le tout dans un décor parisien ouvertement théâtral, qui pourra faire sourire certains.

Dans cette partition presque parfaite, je ne déplore qu’une petite fausse note. Le choix d’avoir complètement supprimé les scènes parlées. Elles auraient, à mon sens, mieux structuré ce récit très long et complexe.

Marianne