Tag Archives: Leonardo DiCaprio

Critique : The Revenant, d’Alejandro González Iñárritu

Après le magnifique et déjanté plan séquence de Birdman, Alejandro González Iñárritu tente une nouvelle fois de réinventer les codes du cinéma. Avec The Revenant, il a tenté de revenir à une forme de cinéma vérité, presque naturaliste. Baigné dans une lumière magnifique, utilisant les décors naturels (le Canada et l’Argentine) comme un studio à ciel ouvert, mettant Leonardo DiCaprio à rude épreuve (il a dû manger du foie de bison cru…), le long métrage est une véritable expérience. Préparez-vous.

Preview 2016 : Vinyl, Silence, l’Exposition… Scorsese is back !

Bonne nouvelle. Absent des écrans depuis fin 2013 et son tourbillonnant Le Loup de Wall Street , Martin Scorsese est enfin de retour derrière la caméra. En 2016, on pourra découvrir  Silence, un projet que le cinéaste développe depuis les années 90. Et du côté du petit écran, HBO diffusera bientôt Vinyl, une série que le réalisateur produit avec un certain Mick Jagger. Enfin, la Cinémathèque française consacre à Monsieur Scorsese une exposition événement qui revient sur ses obsessions de cinéaste. 

Les infos de la semaine : Johnny Depp dans un film d’horreur, Leonardo DiCaprio abandonné à son sort et une nouvelle série de science-fiction

Vous avez eu une semaine chargée ? Vous n’avez pas eu le temps de suivre l’actualité du cinéma et des séries ? Pas de problème, Lost in Universes vous fait un petit résumé des informations essentielles de la semaine.

Critique : Le Loup de Wall Street, de Martin Scorsese

Wall Street… ça vous dit forcément quelque chose ? Temple du libéralisme, étendard du dieu dollar… Mais connaissez-vous Jordan Belfort ? Un courtier parmi tant d’autres… ou presque. A la fin des années 80, il gagnait en moyenne près d’un million de dollars par semaine ! Sauf qu’étourdi par la toute-puissance des billets verts, il finit par prendre quelques arrangements avec la loi. Il avait juste oublié qu’Oncle Sam ne se laisse pas berner si facilement.

Bande annonce : Leonardo DiCaprio affole le Loup de Wall Street de Martin Scorsese

Après le monde de l’enfance et un hommage au cinéma dans Hugo Cabret, Martin Scorsese change radicalement de registre avec Le Loup de Wall Street (The Wolf of Wall Street). Comme son titre le laisse deviner, ce nouveau film nous plongera dans la vie trépidante d’un trader de la Bourse new-yorkaise.

Ce film racontera l’incroyable (et pourtant vrai) destin de Jordan Belfort, courtier en Bourse qui préféra faire de la prison plutôt que de participer à une gigantesque arnaque boursière. Au passage, sa décision permit de faire éclater au grand jour la corruption et les connections avec la pègre qui sévissent à Wall Street.

Une première bande-annonce vient d’être dévoilée sur le Web. Le film, adapté du roman de Belfort, semble baigner dans une sorte de folie douce. Excès en tous genres, dialogues surréalistes et armada en costumes sont au programme. Après Gasby le Magnifique, Leonardo DiCaprio aura donc à nouveau l’occasion d’interpréter un personnage hors normes.

Leo sera particulièrement bien entouré puisqu’il côtoiera la star du moment Matthew McConaughey (Mud, Killer Joe), Jonah Hill qui confirme depuis Le Stratège son ambition de trouver des rôles sérieux, Kyle Chandler (Zero Dark Thirty) et Jon « Walking Dead » Berthal. Jean Dujardin, annoncé dans le rôle secondaire d’un mystérieux homme d’affaires, n’apparaît pas dans la bande-annonce.

Le Loup de Wall Street  est attendu sur les écrans à partir du 25 décembre 2013.

Marianne

Critique : Gatsby le magnifique, de Baz Luhrmann. Pour ou contre ?

Avant de voir un film, fatalement, on l’imagine par avance au travers de ce que l’on connaît déjà de l’histoire et de ce que le matériel publicitaire en dévoile. Avec The Great Gatsby, tiré du roman célébrissime de Francis Scott Fiitzgerald, un rêve de film élégant, romantique, raffiné et cruel s’est imposé que ne démentait en rien la superbe affiche que tous les murs de Paris arborent. Un Leonardo DiCaprio chic au possible, quasi mythique, en Jay Gatsby, une Carey Mulligan sublime et fragile en Daisy Buchanan vêtue des robes de Miuccia Prada… Hélas, c’était seulement un rêve.

Il est impossible de qualifier cette adaptation de navet puisque s’il est une seule chose réussie, c’est le casting. Leonardo DiCaprio (Django Unchained, J. Edgar) tire sans peine son épingle du jeu, Carey Mulligan (Drive, Never let Me Go) parvient à émouvoir, Tobey Maguire (Brothers) également. Jason Clarke (Des Hommes sans loi, Zero Dark Thirty) confirme son talent à l’instar de Joel Edgerton ( le Roi Arthur, Animal Kingdom, Warriors) enfin en tête d’affiche d’une super-production. Seules leurs prestations empêchent de quitter la salle pour échapper à ce déferlement de poncifs criards. Car Baz Luhrmann a choisi un parti-pris outré auquel certains adhéreront peut-être : mise en scène quasi théâtrale, sur-jouée, décors clinquants, costumes faussement chics. Parti-pris qui pourrait se défendre puisque Jay ne propose à Daisy qu’une vie en forme d’illusion mensongère. La fin du film, forcée à la sobriété par l’extinction des feux de la fête, est légèrement mieux, mais légèrement seulement ce qui donne à penser que cet échec tient à un manque général de vision du metteur en scène, et non simplement à son manque de goût.

S’il ne parvient pas à entrer dans cet univers de carton-pâte pailleté jusqu’à l’écoeurement, en dépit du remarquable jeu des acteurs qui, répétons-le, sauve le film, le spectateur ressortira de la séance floué avec un unique qualificatif en tête : vulgaire. Daisy Buchanan déteste l’univers que Gatsby lui propose. Elle fait preuve de discernement.

Laurence

Quoi de plus flamboyant pour ouvrir le Festival de Cannes qu’un film de Baz Luhrmann ? Avec seulement cinq long métrages au compteur, le réalisateur australien a déjà eu cet honneur à deux reprises. Preuve évidente que son cinéma possède une dimension glamour, faite de strass, de costumes haute couture et d’une grandiloquence théâtrale. Soit trois caractéristiques essentielles à la réussite de cette manifestation mythique.

Après son incursion (à moité ratée) dans l’épopée fleuve (Australia), le cinéaste revient au style visuel initié avec sa trilogie du rideau rouge (Balroom Dancing, Roméo + Juliette et Moulin Rouge). Il n’est d’ailleurs pas très difficile de comprendre ce qui lui a plu dans le roman de Francis Scott Fitzgerald : les fêtes outrancières et spectaculaires organisées par Jay Gatsby.

Dans ses scènes d’une maîtrise formelle ébouriffante, Lurhmann renoue avec l’art baroque influencé par Louis XIV en son temps. Scintillantes, extravagantes, décalées et transfigurées par une bande originale volontairement anachronique, elles constituent le coeur superficiel de ce long métrage. Un parti-pris qui peut paraître iconoclaste et qui agacera les fervents admirateurs du formalisme classique des précédentes adaptations.

Pourtant cette extravagance graphique, tape-à-l’oeil et d’apparence vide de sens symbolise justement toute la vacuité de ces gens riches qui se fichent de tout à part d’eux-mêmes. Ce décalage, par moments grossier et pathétique, illustre parfaitement l’état d’esprit dans lequel se trouve Gatsby (Leonardo DiCaprio, habité). Aveuglé par son amour inconditionnel, il se comporte comme un nouveau riche convaincu que c’est en dépensant son argent en grande pompe qu’il s’achètera son billet d’entrée dans ce monde. Une démarche qui le conduira à sa propre déchéance…

D’autre part, en faisant abstraction de ce cadre tapageur, la version de Gatsby le magnifique offerte par Baz Luhrmann est loin d’être vaine. Comme dans Roméo + Juliette, le réalisateur s’impose un respect scrupuleux du texte, que l’on retrouve dans les dialogues et la voix off. Mais aussi dans une sorte de poésie visuelle (les rideaux blancs qui virevoltent, la pancarte usée de l’oculiste…). L’histoire d’amour, vrai pilier de l’oeuvre de Fitzgerald, est parfaitement reconstituée à l’écran. Légèrement suréelle avec son ciel new-yorkais qui prend des allures d’azur toscan, elle n’en reste pas moins belle.

Baz Luhrmann livre une vision post-moderne de ce récit. Sans doute, le cinéaste est-il trop novateur pour notre époque. A ce titre, il rejoint Fitzgerald lui-même qui au moment de la sortie du roman s’était fait étrillé par la critique. Ce n’est que quelques années plus tard que The Great Gatsby a été reconnu comme une oeuvre majeure de son auteur. A méditer.

Marianne

Critique : Django Unchained, de Quentin Tarentino

Le western. Genre (hélas) un peu moribond depuis 30 ans. Mais dans le cœur du cinéphage Tarentino, ces films oubliés par une ère contemporaine plus lisse, revêtent une dimension bien particulière. Qu’il aime à revisiter. Après la Blacksploitation, le film de Kung fu ou encore la série B horrifique, la madeleine de Proust 2012 sera donc le western. Et plus particulièrement sa version italienne, «  le spaghetti ».