Tag Archives: Matthew McConaughey

Cannes 2015 : découvrez ce que vous réserve la compétition

La grande messe cannoise est sur le point de commencer. Et le moins que l’on puisse dire c’est que cette 68e édition est placée sous le signe de la nouveauté. L’arrivée de Pierre Lescure à la tête de la plus grande manifestation cinématographique du monde est un événement majeur qui ne manquera pas d’être commentée dans la presse. L’ombre bienveillante de Gilles Jacob ne trônera plus en haut des marches et Lescure compte bien respecter l’héritage du bonhomme tout en donnant un coup de jeune au Festival. 

Critique : Interstellar, de Christopher Nolan

Interstellar est un dilemme pour les critiques. Comment retranscrire en quelques centaines de mots l’expérience unique que constitue ce long métrage ? Et le tout sans trop en dire ? Sans en dévoiler la quintessence… Christopher Nolan ne nous facilite pas la tâche. Mais c’est aussi pour ça que l’on aime ses films !

Critique : Dallas Buyers Club, de Jean-Marc Vallée

1985 aux Etats-Unis. Le sida fait chaque année de plus en plus de victimes. Les hôpitaux sont à la recherche du traitement miracle. Au Texas, le cow-boy Ron Woodroof est diagnostiqué séropositif. Il ne lui reste plus que trente jours à vivre. A moins que…

Critique : Le Loup de Wall Street, de Martin Scorsese

Wall Street… ça vous dit forcément quelque chose ? Temple du libéralisme, étendard du dieu dollar… Mais connaissez-vous Jordan Belfort ? Un courtier parmi tant d’autres… ou presque. A la fin des années 80, il gagnait en moyenne près d’un million de dollars par semaine ! Sauf qu’étourdi par la toute-puissance des billets verts, il finit par prendre quelques arrangements avec la loi. Il avait juste oublié qu’Oncle Sam ne se laisse pas berner si facilement.

Teaser séries : True Detective et Mob City en images

La rentrée des grands networks américains bat son plein. C’est la Fox qui a ouvert le bal le 16 septembre avec Sleepy Hollow. Sur le Câble, les nouveautés ne monteront pas le bout de leur nez avant la fin de l’année, voire en 2014. Mais pas question de se faire oublier. HBO et TNT ont donc commencé la campagne de teasing de leurs dernières créations. Réputées plus audacieuses et exigeantes que celles de leurs concurrents, ces séries ont retenu notre attention.

Bande annonce : Leonardo DiCaprio affole le Loup de Wall Street de Martin Scorsese

Après le monde de l’enfance et un hommage au cinéma dans Hugo Cabret, Martin Scorsese change radicalement de registre avec Le Loup de Wall Street (The Wolf of Wall Street). Comme son titre le laisse deviner, ce nouveau film nous plongera dans la vie trépidante d’un trader de la Bourse new-yorkaise.

Ce film racontera l’incroyable (et pourtant vrai) destin de Jordan Belfort, courtier en Bourse qui préféra faire de la prison plutôt que de participer à une gigantesque arnaque boursière. Au passage, sa décision permit de faire éclater au grand jour la corruption et les connections avec la pègre qui sévissent à Wall Street.

Une première bande-annonce vient d’être dévoilée sur le Web. Le film, adapté du roman de Belfort, semble baigner dans une sorte de folie douce. Excès en tous genres, dialogues surréalistes et armada en costumes sont au programme. Après Gasby le Magnifique, Leonardo DiCaprio aura donc à nouveau l’occasion d’interpréter un personnage hors normes.

Leo sera particulièrement bien entouré puisqu’il côtoiera la star du moment Matthew McConaughey (Mud, Killer Joe), Jonah Hill qui confirme depuis Le Stratège son ambition de trouver des rôles sérieux, Kyle Chandler (Zero Dark Thirty) et Jon « Walking Dead » Berthal. Jean Dujardin, annoncé dans le rôle secondaire d’un mystérieux homme d’affaires, n’apparaît pas dans la bande-annonce.

Le Loup de Wall Street  est attendu sur les écrans à partir du 25 décembre 2013.

Marianne

Interstellar : le prochain film de Christopher Nolan prend forme

Christopher Nolan ne chôme pas. A peine libéré de ses obligations liées à la trilogie Batman, le cinéaste britannique planche déjà activement sur son prochain long métrage. L’objet de son affection se nomme Interstellar, un film de science-fiction particulièrement ambitieux. Ce projet écrit par son frère Jonathan Nolan (déjà aux scénarios de Memento et de The Dark Knight) devait au départ être dirigé par Steven Spielberg en personne. Le premier traitement a été réalisé par le physicien Kip S. Thorne et la productrice Lynda Obst (Contact). A l’époque, le pitch se concentrait sur « des explorateurs humains traversant un trou de ver et voyageant dans une autre dimension ».

Evidemment, Christopher Nolan ne pouvant se contenter de la seule mise en scène, il a décidé, en partenariat avec son frère, de réécrire le script afin d’y ajouter une idée plus ancienne qu’il avait développée pour un autre projet. Un nouveau pitch, encore plus mystérieux et laconique, a donc vu le jour. Interstellar évoquera « un voyage interstellaire héroïque aux confins de notre compréhension scientifique ».

Le casting compte déjà deux habitués de l’univers de Christopher Nolan puisque Anne Hathaway (Les Misérables) et Michael Caine (la trilogie Batman) font partie de la distribution. De nouveaux venus ont été également recrutés comme Matthew McConaughey (Mud), Channing Tatum (Effets secondaires) et Jessica Chastain (Zero Dark Thirty, Mama). On ne sait pas grand-chose sur la teneur de leurs rôles si ce n’est que McConaughey incarnera le Docteur Cooper, professeur en astrophysique et que Channing Tatum sera un de ses élèves.

Tourné en partie en Antarctique, Interstellar sera sur les écrans français à partir du 5 novembre 2014.

Marianne

Critique : Mud – sur les rives du Mississipi, de Jeff Nichols

Le long des rives du Mississipi, la vie passe lentement. Du haut de leurs 14 ans, Ellis et Neckbone commencent à trouver cette douce langueur entêtante. Ils décident de tromper leur ennui en se baladant sur une île déserte à la recherche d’un bateau échoué dans les arbres.

Si le navire était censé combler leur été, ce sera finalement un dénommé Mud qui changera leur vie, à jamais. Ce vagabond en fuite, figure mythique du Sud américain, semble presque irréel. Sa première apparition à l’écran, soudaine, floue et lumineuse, renforce ce sentiment d’entité spectrale. Matthew McConaughey personnifie à la perfection ce personnage aussi passionné que passionnant.

Raconté en permanence à hauteur d’enfant (Tye Sheridan et Jacob Lofland épatants), Mud nous plonge dans un monde où l’innocence a encore droit de cité. Un monde où l’on croit aux histoires d’amours impossibles, où les parents sont encore des héros et où les mystères de la vie semblent infinis à explorer. Impossible de ne pas penser à Stand by Me de Rob Reiner, autre conte initiatique mêlant adolescence et sens de la vie dans un décor naturel. L’ombre de Mark Twain et de son inoubliable Tom Sawyer n’est jamais loin non plus.

Nichols filme un Mississipi verdoyant mais fantomatique. Avec ses trouées de lumières quasi-subliminales, il imprime la pellicule d’une dimension mythologique. En toile de fond,  le film évoque avec nostalgie un mode de vie sur le point de disparaître. Le cinéaste mélange adroitement la mélancolie propre à la fin de l’enfance avec celle, plus difficile, de la réalité économique d’une région.

Si Nichols nous avait prouvé avec Take Shelter sa maitrise de la mise en scène et des ambiances mystérieuses, avec Mud il s’impose également comme un maître du storytelling. Dans son scénario rien n’est laissé au hasard. A l’image d’un puzzle géant, tous les éléments se mettent peu à peu en place. Et surtout, tous les personnages même les plus anodins en apparence ont un vrai rôle à jouer dans cette histoire. Du grand art… reparti injustement bredouille du Festival de Cannes l’an dernier. Ne commettez pas la même erreur en n’allant pas le découvrir en salles.

Marianne

Les héros de Mud  – sur les rives du Mississipi sont nombreux et chaque personnage est défini par sa propre lutte : les enfants bien sûr, qu’il s’agisse d’Ellis, de Neckbone ou de Mud lui-même qui n’a pas vraiment fini de grandir. Mais les parents eux-mêmes bataillent : le père de Mud qui ne sait pas admettre l’errance amoureuse de son fils adoptif, l’oncle de Neck qui est comme un grand ado, et en particulier le père d’Ellis (Ray McKinnon, déjà excellent dans Sons of Anarchy) au bord de perdre tout ce qui fait la valeur de son existence, autrement dit sa femme, son travail, sa maison au bord du fleuve boueux. Peut-être le personnage principal du film est-il le fleuve lui-même, ou l’amour inconditionnel que la plupart des personnages masculins lui prêtent. Ou peut-être ce sont ses rives sur lesquelles tous vivent et sa boue elle-même dont ils extraient des merveilles : des perles, des crabes, des ventilateurs ou leurs vrais désirs. Dès que l’on s’éloigne du fleuve, la désolation des étendues vaguement habitées des supermarchés, des déchetteries, des lotissements neufs accable.

La réponse semble dans les airs où l’on découvre des oiseaux, un bateau, la lumière, la liberté de l’immensité…

Chacun peut sans doute aspirer au confort comme la mère d’Ellis,  mais l’on peut se prendre à rêver d’évasion et se souvenir des Bêtes du Sud sauvage (Beasts of the Southern Wild), de Benh Zeitlin, un des films préférés de Lost in Universes en 2012, dans lequel les habitants des rives luttaient pour conserver leur mode de vie condamné par le modernisme.

Mais bien sûr le film est d’abord et avant tout l’aventure de deux enfants dans ce monde en voie de disparition, un hommage à Mark Twain, aux Goonies et à Stand By Me produits par Steven Spielberg et  au Monde parfait de Clint Eastwood (dans lequel jouait déjà Ray McKinnon) comme le raconte Jeff Nichols qui dit avoir voulu faire un film américain classique avec tueurs à gages, amours de lycée et fosses à serpents. Mud, écrit le même été que le sombre Take Shelter, se voulait également un film d’espoir. Le jeune réalisateur a parfaitement réussi à atteindre ses deux objectifs. Et s’il affirme ne pas vouloir se comparer à Terence Malick, même s’il pense que peut-être dans quelques années il saisira pourquoi la comparaison entre leurs oeuvres est souvent faite, on peut parier que, oui, il comprendra qu’il a non seulement réussi à raconter une formidable histoire d’aventure mais aussi à saisir cinématographiquement un fragment d’univers.

Laurence