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Critique : Crimson Peak, de Guillermo del Toro

Bouh ! Guillermo del Toro nous refait le coup de la maison hantée. Si le cinéaste mexicain a déjà à son actif un bestiaire fantastique assez impressionnant (les vers de Mimics, les vampires de Blade 2, les  monstres du Labyrinthe de Pan et les créatures mécaniques de Pacific Rim), il n’avait exploré les fantômes qu’une seule fois avec le très tourmenté L’Échine du diable. Sauf que Crimson Peak n’est pas un film d’horreur au sens moderne du terme.

Bande-annonce : Crimson Peak, le film d’horreur de Guillermo del Toro

Tremblez, simples mortels ! Guillermo del Toro (Le Labyrinthe de Pan, Pacific Rim) revient avec un film de fantômes dont les premières images sont à couper le souffle. A mi-chemin entre l’esprit gothique de Sleepy Hollow et l’ambiance pesante du Rebecca d’Hitchcock, Crimson Peak impose déjà un univers visuel étonnant. Comme si le cinéaste revisitait l’époque victorienne pour en faire quelque chose de plus coloré et de moins austère.

Critique : Maps to the Stars, de David Cronenberg

Une satire hollywoodienne signée David Cronenberg ? A Lost in Universes on attendait ça avec une certaine délectation. Surtout au vu des premières images à l’esthétique légèrement surannée et des dialogues frondeurs entendus dans la bande annonce. Seulement voilà, quelques bonnes répliques, une mise en scène carrée et d’excellents acteurs ne suffisent pas à faire un bon film.

Cannes 2014 : Map To The Stars, de David Cronenberg (Compétition)

La sélection officielle est tombée. Chaque jour Lost in Universes revient sur l’un des longs métrages présentés sur la Croisette. Aujourd’hui, Map To The Stars, de David Cronenberg. 

Critique : Only Lovers Left Alive, de Jim Jarmusch

Il y a plusieurs constantes dans le cinéma de Jim Jarmusch. D’abord, un amour pour les désaxés, les gens hors-normes, bref tous ceux qui ne suivent pas le chemin tout tracé offert par la société. On y trouve aussi, souvent, beaucoup de musique, du rock, de la mélancolie et des cafés. Pas de mystère, Only Lovers Left Alive s’inscrit dans cette même lignée contemplative.

Critique : Stoker, de Park Chan-Wook

Jusqu’à son dix-huitième anniversaire, la vie d’India se résumait à deux choses : incarner avec nonchalance l’éternelle première de la classe et partager des parties de chasse avec son père. Lorsque ce dernier meurt dans un accident de voiture, elle fait face avec mauvaise humeur à ce qui l’attend, à savoir un tête-à-tête conflictuel avec une mère qui ne lui a jamais accordé beaucoup de temps. L’arrivée inattendue de l’oncle Charlie va changer son destin.

Dès les premières minutes, Stocker séduit la rétine du cinéphile. Images volontairement floues, plans mal cadrés, détails graphiques et transitions soignées, le spectateur est instantanément propulsé dans un autre univers. Un univers hors du temps. Les personnages semblent enfermés dans des costumes trop parfaits et des décors trop rigides. Pour renforcer ce sentiment, Park Chan-Wook joue avec l’environnement où le vert prédomine et où une lumière irréelle n’est pas sans rappeler les tableaux d’Hopper…  Les quelques allégories bucoliques et gothiques du début ajoutent à cette confusion temporelle.

Avec son ambiguïté surlignée, Stoker s’inscrit dans la veine des meilleurs thrillers hitchcockiens. Nicole Kidman (bonne nouvelle, elle a arrêté le botox !), avec ses faux airs de Grace Kelly incarne la blonde hitchcockienne par excellence. Elle marche aussi sur les pas de  Shelley Winters, mère égoïste et aveugle de la Lolita de Kubrick  L’oncle Charlie (Matthew Goode, glaçant de perfection), dont le nom semble être un hommage direct à l’Ombre d’un doute du maître du suspense, est une sorte de siamois souriant du Norman Bates de Psychose.

(Attention, spoiler !) Cette réussite formelle sert une histoire mâtinée de mystère qui navigue par moments dans les eaux sombres du fantastique. Mais malgré un montage jouant sur le sentiment de déjà vu et quelques hallucinations, la référence vampirique du titre restera à l’état de fil rouge métaphorique. Au final les plus perspicaces auront vite fait de résoudre les enjeux d’un scénario qu’on aurait préféré avec plus d’envergure.

Pour autant, avec cette première incursion dans le cinéma hollywoodien, le cinéaste coréen a su conserver toute son acuité visuelle. La perte de l’innocence et le passage à l’âge adulte ne se conçoivent pas sans une bonne dose de perversité. Mia Wasikowska est une parfaite « Alice aux pays des merveilles » déviante. Park Chan-Wook semble prendre un malin plaisir à fissurer tout doucement ce cadre parfait qu’il a lui-même construit. Ambiance malsaine garantie !

Marianne