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CEFF 2016 : Loving, de Jeff Nichols (Film d’ouverture)

La 5e édition du Champs Elysées Film Festival se tient du 7 au 14 juin dans les cinémas de la plus belle avenue du monde. Chaque jour, Lost in Universes revient sur un film découvert durant la semaine. Aujourd’hui, le film d’ouverture : Loving de Jeff Nichols.

Critique : Midnight Special, de Jeff Nichols

Pour qui a déjà vu un film de Jeff Nichols (Take Shelter, Mud), Midnight Special a forcément une aura particulière. En seulement trois films (son premier Shotgun Stories est moins connu), le cinéaste de seulement 37 ans s’est imposé comme un héritier du cinéma de Spielberg. La nostalgie en plus.

Critique : 99 Homes, de Ramin Bahrani

En 2008, la crise des subprimes éclatait aux Etats-Unis. Ces crédits à taux variables ont mis des millions de gens sur la paille dans le pays, ravageant des quartiers entiers. Mais pendant que certains perdaient leurs maisons, d’autres en profitaient pour réaliser de belles affaires : les courtiers immobiliers. Voilà le point de départ ultracynique de 99 Homes, de Ramin Bahrani. Mangé ou être mangé, that is the question…

Critique : Man of Steel, de Zack Snyder

Pas la peine de tergiverser. Le retour tant attendu de l’homme d’acier sur le grand écran déçoit. Pourtant avec Christopher Nolan (The Dark Knight, Interstellar bientôt) à la production, Zack Snyder (300, Sucker Punch ) à l’image et un casting de qualité, il était permis de fonder les plus grands espoirs sur ce reboot. Pire, la bande-annonce mélancolique posait un univers contemporain réaliste, définitivement éloigné du côté kitsch des épisodes de Richard Donner.

Critique : The Iceman, d’Ariel Vromen

Les serial killers sont les nouvelles stars du moment : entre les séries qui les adorent (Dexter, Hannibal, Bates Motel, The Following, The Fall…) et les films qui les encensent pour le meilleur ou pour le pire (Stoker, 7 Psychopathes, Maniac, Alex Cross, L’Autre Vie de Richard Kemp, The Call, The Killing Fields, Millenium, la nouvelle sortie en DVD de l’Etrangleur de Boston...), ils sont tendance. Mais contrairement aux vampires et autres loup-garous, ils existent bel et bien. The Iceman retrace scrupuleusement la vie de l’un d’entre eux, Richard Kuklinski.

Excellemment interprétée par l’impressionnant Michael Shannon (Take Shelter, Mud, Premium Rush, Broadwalk Empire…), l’histoire de ce Polonais qui a mené pendant des décennies la vie tranquille d’un respectable père de famille tout en exécutant plus de 200 personnes a de quoi impressionner. Richard Kuklinski n’était pas juste un homme de main mais un tueur, sorte de Dexter qui se serait mis au service  des organisations criminelles de New York. Une façon judicieuse de monnayer ses pulsions criminelles. Violent, incapable de rester longtemps sans tuer, il perfectionna sa technique au fil du temps en congelant les cadavres de ses victimes. Michael Shannon met en évidence comment le tueur parvint pendant si longtemps à tenir en équilibre sur cette corde raide : il fait passer à la perfection l’émotion du jeune père comme la rage meurtrière du serial killer incapable de contenir ses envies de destruction.

La première image du film est un portrait énigmatique : le visage de Richard Kuklinski, âgé, barbu, sorte de Léon Tolstoï méditatif, pourtant sans sagesse, sans conscience et sans remords. Le spectateur n’en saura pas beaucoup plus. Seule une scène donne à comprendre comment cet homme est devenu the Iceman. Ariel Vromen reste trop à la surface de ses personnages et ne donne à voir que les remous irrépressibles qui surgissent parfois des profondeurs. Le jeu des autres acteurs se veut trop sage : Winona Ryder (Black Swann, Here with Me) incarne sa femme, dont on ne saura quasiment rien, et Ray Liotta (The Place Beyond The Pines) impeccable en implacable boss. Seul Chris Evans (connu pour avoir incarné un incroyablement fadasse Captain America) surprend dans le rôle du complice déjanté, Robert « Mr. Softee » Prongei. A noter : la fulgurante et très talentueuse apparition de James Franco (le Monde fantastique d’Oz) dans le rôle du minable Marty.

Le scénario, très classique, demeure très descriptif. Si l’on y regarde de (très) près, le film dresse le portrait de l’évolution de la société américaine et ce qui peut se cacher dans ses recoins les plus sombres : comment un homme peut parvenir à vivre le rêve américain et subvenir aux besoins de sa famille grâce à l’argent gagné en assouvissant ses sinistres pulsions. Mais puisque le film ne se veut ni une réelle prise de position politique comme Cogan : killing Them Softly d’Andrew Dominik, ni une enquête palpitante, il ne parvient pas, malgré toutes ses qualités, à enthousiasmer réellement.

Pour entrer vraiment dans l’esprit du tueur, peut-être faut-il lire The Iceman : The True Story of a Cold-Blooded Killer, la biographie dont s’est inspiré le scénario et qui a été écrite par Anthony Bruno (l’auteur du roman sur lequel s’est appuyé David Fincher pour Seven). Ou The Ice Man : Confessions of a Mafia Contact Killer, la biographie que Philip Carlo a consacré à Kuklinski (traduction française aux Editions du Rocher). Ariel Vromen s’est également basé sur les interviews que Richard Kuklinski avait accordées à Jim Thebaut (sorties en DVD aux USA).

Laurence