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Critique : A Ghost Story, de David Lowery

Sur l’affiche de A Ghost Story, on voit un fantôme dans sa pure expression enfantine (un drap blanc avec deux trous béants au niveau des yeux). Cette représentation spectrale épurée sur un fond noir n’est pas le présage d’un film d’horreur, comme certains spectateurs égarés dans les salles ont pu le penser. Au contraire, cette affiche annonce un long métrage antispectaculaire dont le principal argument est le temps qui passe. Amateurs de frissons et de jumpscares, on vous invite à passer votre chemin. Mais si certains d’entre vous sont prêts à sortir de leur zone de confort, alors le voyage poétique de David Lowery vous attend patiemment.

Critique : Lion, de Garth Davis

L’Inde. Un petit garçon orphelin. Dev Patel. Ces trois éléments riment pour tous les cinéphiles avec Slumdog Millionaire, conte exubérant à la sauce bollywoodienne signé Danny Boyle (Trance, Steve Jobs). En apparences, Lion de Garth Davis reprend les mêmes ingrédients. Mais cette histoire vraie d’un petit garçon indien perdu qui finit par retrouver sa famille 25 ans plus tard n’a au final que peu de rapport avec le feel good movie de Danny Boyle. 

Critique : Carol, de Todd Haynes

Todd Haynes fait un cinéma subtil qui place les apparences et les non-dits au coeur de son imagerie. Alors forcément quand on a appris que Carol était une adaptation d’un roman de Patricia Highsmith, la reine du polar bourgeois et hitchcockien, on s’est dit que la rencontre entre les univers de ces deux-là ne pouvait être qu’évidente. Hélas ! En art comme dans la vie, les évidences sont parfois trompeuses.

Cannes 2015 : découvrez ce que vous réserve la compétition

La grande messe cannoise est sur le point de commencer. Et le moins que l’on puisse dire c’est que cette 68e édition est placée sous le signe de la nouveauté. L’arrivée de Pierre Lescure à la tête de la plus grande manifestation cinématographique du monde est un événement majeur qui ne manquera pas d’être commentée dans la presse. L’ombre bienveillante de Gilles Jacob ne trônera plus en haut des marches et Lescure compte bien respecter l’héritage du bonhomme tout en donnant un coup de jeune au Festival. 

Critique : Les Amants du Texas, de David Lowery

Avec sa photographie somptueuse, sa dominante chromatique automnale et son histoire d’amour criminelle contrariée, Les Amants du Texas (Ain’t Them Bodies Saints) emprunte clairement une grande partie de sa symbolique au cinéma de Terrence Malick. Il y a pire comme référence. Mais David Lowery ne se contente pas de copier, il crée son propre sillon. Un sillon tout aussi élégiaque que celui de l’auteur de Tree of Life et A la merveille, mais aussi plus terre-à-terre.

Critique : Effets secondaires, de Steven Soderbergh

A priori l’avant-dernier film de Steven Soderbergh, puisque le réalisateur compte partir en retraite, Effets secondaires est une excellente surprise. Après un décevant Contagion, un surprenant Piégée et un provoquant Magic Mike, on pouvait s’attendre à presque tout de la part de ce réalisateur touche-à-tout.

Ce polar, ouvertement très critique vis à vis de l’avidité de l’industrie pharmaceutique et du pouvoir des psychiatres, offre un scénario abouti. Dans ce triangle du chat, de la souris et du dupe, Jude Law (Sherlock Holmes, Anna Karénine) joue un psychiatre arriviste tout à fait convaincant, Rooney Mara (Millénium) une patiente émouvante et Catherine Zeta-Jones une psychiatre sans coeur. Tous trois excellents, ils vous entortillent impitoyablement dans leur toile tortueuse qui démontre à quel point psychanalyse et intrigue policière sont similaires.

Une première (et dernière ?) incursion dans le domaine du film noir très réussie.

Laurence

Après le film d’action version féminine (Piégée) et le film de strip-tease social (Magic Mike), Steven Soderbergh s’essaye au psycho-thriller.

Avec un sens du cadre faussement naturaliste, le cinéaste nous offre une première partie volontairement posée et introspective. Ronney Mara (Millénium de David Fincher) déprime et fonce droit dans un mur où le mot « Sortie » est écrit en gros. Pas besoin d’être psy pour comprendre le message, elle va mal. Commence alors un long traitement fait de pilules magiques prescrites par un Jude Law, psychiatre sexy malgré lui. En toile de fond, une critique du système pharmaceutique (mercantile alors qu’il devrait être bienveillant) s’ébauche.

Malheureusement, la deuxième partie du long métrage nous mène sur un chemin plus balisé. Le jeu du chat et la souris prend forme. Catherine Zeta-Jones (qui a raté sa chirurgie esthétique) se rajoute à l’équation. On pense à Basic Instinct, Color of Night (la dimension sexuelle en moins) ou à Peur Primale. Et ce retour aux années 90 n’est franchement pas ce qui sied le mieux à Soderbergh que l’on aurait souhaité plus inventif. Surtout pour ce que l’on annonce comme son avant-dernier film.

Marianne