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Witches of East End : les sorcières reviennent !

Prenez un soupçon de Charmed, ajoutez une pincée de romantisme et de mystère et vous obtiendrez la formule magique pour ce Witches of East End. Diffusée à partir du 6 mai 2014 sur 6 ter, cette série destinée principalement aux filles a plus d’un atout pour vous séduire.

Critique : les Sorcières de Zugarramurdi, d’Alex de la Iglesia

Les brujas (sorcières, en espagnol) sont fort maltraitées en ce début d’années 2014. Après un très décevant Paranormal Activityces Sorcières de Zugarramurdi ne leur réservent pas un meilleur sort. Et si l’on n’attendait pas des miracles du spin off américain, les précédents films du réalisateur (Mes chers voisins, Le Crime Farpait) espagnol permettaient d’espérer un long-métrage ensorcelant.

Las ! Alex de la Iglesia a choisi la parodie pour traiter de la sorcellerie et ne s’en sort pas. Dès que le film trouve son rythme, il le pert dans des scènes qui ne parviennent jamais ni à être vraiment drôles, ni à faire vraiment peur. Les personnages sont tellement caricaturaux que le spectateur ne peut s’y attacher. Pire, il peine même à s’y intéresser (hormis le vieux fou du village et le fils torturé qui émeuvent).

De surcroît, le propos de la Iglesia est tellement anti-féministe que s’en est très vite décourageant. Un propos qui ne brille pas, en plus, par sa subtilité. En résumé, pour citer texto l’un des personnages masculins (qui sont tous quasi idiots et n’arrêtent pas de geindre) : « Quand les femmes parviennent à vous tenir par les couilles, elles les arrachent. D’un coup sec. » Peut-être les dialogues sont-ils plus caustiques en espagnol : les personnages parlent tellement et si rapidement que seule une partie en est traduite.

En revanche, en matière de fantastique proprement dit, la Déesse Mère est vraiment réussie. Impressionnante, répugnante, elle résume à la perfection le cauchemar de l’impitoyable mère archétypale destructrice.

Les prétendus sorciers et sorcières brûlées vifs pendant l’Inquisition espagnole au XVIIe siècle dans ce petit village méritaient un meilleur hommage. C’est d’autant plus dommage et incompréhensible que de la Iglesia connaît parfaitement son sujet comme il le prouve dans la longue interview qu’il a accordée à l’Ecran fantastique de ce mois de janvier. Sans doute n’est pas le Lars von Trier d’Antichrist ou le Roman Polanski du Bal des vampires qui veut…

Laurence

Critique : Mama, d’Andrés Muschietti

Once upon a time… Le « Il était une fois anglo-saxon » donne le la du film. Tous les éléments du conte d’antan sont présents : le père indigne qui conduit ses enfants dans la forêt enneigée afin de les perdre et qu’elles meurent parce qu’il est incapable désormais de subvenir à leurs besoins… Une cabane isolée au fin fond des bois où habite une sorcière folle qui offre de la nourriture aux fillettes… Les contes ne sont pas loin, en tout cas les contes saturés de mort et de sexualité tels qu’ils étaient à l’origine avant que les frères Grimm ne les aseptisent pour les rendre acceptables par la bourgeoisie allemande de leur temps.

Malheureusement, n’en déplaise à son prestigieux producteur Guillermo del Toro, la magie de Mama ne dure pas très longtemps. Une fois posés les éléments de départ, certes très originaux, le film est sur sa lancée et ne surprend plus tellement. Il vaut cependant d’être vu pour ses acteurs : les fillettes, puisque Megan Charpentier (Victoria) et Isabelle Nelisse (Lilly) interprètent à la perfection des enfants sauvages élevées au creux de la forêt par une mère fantôme délirante, Nikolaj Coster-Waldau (l’oncle Lukas), qui jouait dans Oblivion mais  qui est surtout connu pour son rôle de Jamie Lanister dans la série Game of Thrones,  et la décidément formidable Jessica Chastain ( Des hommes sans loi, Zero Dark Thirty) qui incarne le personnage d’Annabelle, rockeuse désenchantée sans l’ombre d’une fibre maternelle mais amoureuse. Sans oublier le fantôme à la silhouette de ju-on japonisant, perdu et délirant.

Le traitement des rêves, surtout celui d’Annabelle qui prend des allures surréalistes dignes de Luis Bunuel, est épatant comme toute l’esthétique du film mais cela ne suffit pas à combler la facilité à laquelle se laisse aller le scénario. Et à l’instar des contes des frères Grimm, la sexualité disparaît comme par enchantement. Par contrecoup, le lien entre Annabelle et Lukas perd totalement en crédibilité.

Et deux éléments exaspèrent dans ce film : l’inévitable thérapeute qui ne cherche que son intérêt personnel au détriment de celui de ses patients  (non, ce n’est pas un spoiler, c’est un poncif) et l’éternelle reconstitution du noyau familial en dernière image. Le public américain en redemande sans doute puisque Mama cartonne au box office US, mais nous, franchement, nous sommes au bord de l’over-dose avec cette rockeuse qui se transforme en farouche mère prête à se battre bec et ongles pour « ses » filles.

Reste en mémoire la scène au cours de laquelle Annabelle souffle sur les mains de Lilly pour la réchauffer et où l’on sent que tout pourrait vaciller du côté de la vie.

Que le scénario soit aussi convenu est d’autant plus agaçant que la solution pour le rendre épatant était à portée de main ! Il suffisait d’accentuer le côté enquête policière à la façon de Millénium : les hommes qui n’aimaient pas les femmes. Las ! Tout est dévoilé en deux temps trois mouvements et sans l’ombre d’un problème par une archiviste complaisante. Le format série aurait sans aucun doute mieux convenu à cette histoire qui semble à l’étroit dans ce long métrage.

Pour ceux qui verront Mama (parce que malgré toutes ces critiques, le film vaut le coup), souvenez-vous : en grec ancien (et moderne ?), le pluriel de papillon signifie âme.

Laurence