Tag Archives: Steven Soderbergh

Critique : Magic Mike XXL, de Gregory Jacobs

Reste-t-il encore un peu de magie à Mike ? Cette question posée par Jada Pinkett Smith (Gotham) à Channing Tatum (Jupiter Ascending) au milieu du film résume bien les ambitions de cette suite. Et des suites en général : trouver un prétexte pour faire un deuxième film qui sera plus fort que l’original. Désolé les gars mais c’est raté.

The Knick : la série saignante de Steven Soderbergh

Vous pensiez que Steven Soderbergh était définitivement à la retraite ? Vous aviez tort. Certes l’an dernier, le cinéaste avait crié haut et fort que Ma vie avec Liberace était son dernier film. Mais ce qu’il n’avait pas dit c’est qu’il se tournerait vers la télévision pour occuper son temps libre. Le cinéaste vient de produire une série d’envergure pour Cinemax, qui diffuse déjà l’excellente BansheeThe Knick nous plonge dans les coulisses de l’hôpital Knickerbocker de New-York au début du XXe siècle. L’équipe médicale, des chirurgiens aux infirmières, tente de repousser chaque jour les limites de leur métier afin de sauver toujours plus de vie.

Critique : Gravity, d’Alfonso Cuarón. Pour ou contre ?

Quand un film débarque sur les écrans précédé d’une excellente réputation, il se doit d’assurer car le spectateur en attend monts et merveilles. Et Gravity croule littéralement sous les acclamations. Il a été dit qu’il y aurait un avant et un après Gravity. Que James Cameron himself est estomaqué. Même le public américain plébiscite cette aventure spatiale, c’est dire. Bref, en un mot comme en cent, Gravity est LE chef-d’œuvre. Forcément, dans ces conditions, on se précipite dans l’attente du choc intégral. Et, fatalement, la chute peut être brutale, la critique bien plus sévère qu’elle n’aurait été sans tout ce tapage médiatique. Alors, comment Gravity se sort-il de ce piège ?

Critique : Ma vie avec Liberace, de Steven Soderbergh

Quasi inconnu en France, le pianiste de music-hall Liberace a eu une vie comme les Américains les aiment : pleine de rebondissements. Ce virtuose à la personnalité hors normes a logiquement droit à son biopic. Toutefois, Steven Soderbergh (Effets secondaires) ne s’intéresse qu’à une petite partie de la vie de l’artiste, celle qu’il a passée avec le jeune Scott Thorson.

Cannes 2013 : Quels films feront l’événement ?

Le Festival de Cannes commence dans trois semaines. Et déjà la planète cinéma est à l’affût de la moindre information sur la teneur de cette prochaine édition. Cette cuvée 2013 relèvera-t-elle le niveau d’une année 2012 jugée un peu pâle ? Premier bilan.

Inside Llewyn Davis, des Frères Coen.

Des habitués et quelques nouveaux  

Sur le papier, la sélection officielle fait bonne impression et promet même quelques surprises. Si beaucoup des habitués sont présents (Paolo Sorrentino, les frères Coen, Takashi Miike, Arnaud Desplechin…), des petits nouveaux auront les honneurs de la compétition officielle pour la première fois comme le cinéaste néerlandais Alex van Warmerdam (surtout connu en France pour Les Habitants), le Fançais Abdellatif Kechiche (L’Esquive) ou encore l’Iranien Asghar Farhadi (Une Séparation). Le Passé est son premier film tourné en France avec pour héroïne Bérénice Béjo, maîtresse de cérémonie l’an dernier. La comédienne Valérie Bruni-Tedeschi montera elle pour la première fois les marches en tant que réalisatrice. Elle sera la seule femme cinéaste en compétition officielle. Un Château en Italie s’inspire en partie de sa vie.


The Immigrant, de James Gray.

James Gray et Nicolas Winding Refn attendus

Personnellement, on espère que 2013 sera enfin l’année de la consécration pour James Gray (The Yard, Two Lovers),  toujours reparti bredouille. Il présentera The Immigrant, une fresque ambitieuse avec Marion Cotillard et son acteur fétiche Joaquim Phoenix. Le cinéaste américain sera doublement présent cette année puisque Blood Ties de Guillaume Canet qu’il a co-écrit avec le Français sera présenté hors-compétition. Le retour de Nicolas Winding Refn avec son Only God Forgive fait déjà couler beaucoup d’encre. Drive présenté en 2011 avait remporté le prix de la mise en scène et avait connu un grand succès critique et public. Les premières images, prometteuses, montrent un Ryan Gosling en mauvais état dans un Bangkok post-moderne.

Behind the Cambrella, de Steven Soderbergh.

Le dernier film de Steven Soderbergh

On notera le retour en sélection officielle de Steven Soderbergh pour ce qui s’annonce être son dernier film, ou plutôt téléfilm. Destiné au départ au grand écran, Behind the Cambrella, Ma vie avec Liberace sera diffusé au final sur la chaîne câblée HBO. Un choix que le cinéaste a dû prendre face aux nombreux refus des studios hollywoodiens de produire ce drame sur la star du piano des années 50 à 70, Libérace. Cette icône gay sera interprétée par Michaël Douglas. Matt Damon incarnera lui son amant.

L’info en plus : Behind the Cambrella ne sera pas le seul film de la compétition à traiter d’homosexualité. La Vie d’Adèle d’Abdellatif Kechiche est l’adaptation de la BD Le Bleu est une couleur chaude de Julie Maroh sur une passion entre filles. Thierry Frémaux aurait-il un message à faire passer ?

La Vie d’Adèle, d’Abdellatif Kechiche

Un air de polémique

Difficile de pronostiquer à l’avance les scandales cannois, on misera toutefois sur le nouveau François Ozon. Jeune et Jolie raconte le destin d’une jeune fille qui se prostitue pour le plaisir. Le retour de Roman Polanski (qui concourt pour la Pologne) avec La Vénus à la fourrure pourrait aussi faire parler de lui. Dans ce huis-clos, une jeune femme écervelée tente de convaincre un réalisateur qu’elle est la comédienne idéale pour jouer le rôle de l’héroïne du classique de la littérature érotique et masochiste, La Vénus à la fourrure.  

L’info de dernière minute : Only Lovers Left Alive de Jim Jarmusch a été ajouté à la dernière minute en compétition officielle. Si le pitch officiel est vague, ce film de vampires indépendant avec Tilda Swinton, Mia Wasikowska et Tom Hiddleston pourrait créer la surprise.

Only Lovers Left Alive, de Jim jarmusch.

Sur le front des sélections parallèles

Les sélections parallèles ont bien l’intention de faire parler d’elles aussi. D’ailleurs plusieurs longs métrages attendus dans le cadre de la compétition officielle y seront présentés. On pense notamment à Sofia Coppola qui ouvrira Un certain regard avec son ultra glamour The Bling Ring. Le cinéaste iranien Ari Foldman (Valse avec Bachir) aura les honneurs de l’ouverture de la Quinzaine des réalisateurs grâce à Congress. Ce long métrage animé avec Robin Wright est l’adaptation du livre de chevet du cinéaste, Le Congrès de futurologie de Stanislas Lem. Enfin, à la Semaine de la Critique, les séances spéciales ont retenu notre attention. On pourra y découvrir Ain’t Them Bodies Saint de David Lowery. Casey Affleck et Rooney Mara y jouent un couple séparé quand l’homme se retrouve en prison suite à un braquage. Les Rencontres de Minuit, de Yann Gonzalez (connu jusqu’à présent grâce à ses court-métrages à l’univers décalé) sera également présenté. Ce premier long ne devrait pas déroger à la règle.

 

Ain’t Them Bodies Saint, de David Lowery.

Un jury hétéroclite

Du côté du jury, le pape de la pop culture, Steven Spielberg, aura fort à faire pour trouver un consensus face à un jury composé de personnalités aussi différentes que l’actrice indienne Vydia Balan, la star australienne Nicole Kidman, l’acteur autrichien Christoph Waltz (lauréat du prix d’interprétation pour Inglourious Basterds), l’acteur réalisateur français Daniel Auteuil, le cinéaste roumain Cristian Mungiu (palmé pour 4 mois, 3 semaines, 2 jours), le réalisateur taïwanais Ang Lee (Life of Pi) et les réalisatrices Lynne Ramsey (Grand-Bretagne) et Naomie Kawase (Japon). Avec quatre femmes dans le jury (dont deux réalisatrices), l’absence de personnalités hors-normes (à l’image de Mc Solar ou Jean-Paul Gautier), Thierry Frémaux innove. Il semble vouloir se concentrer plus sur le cinéma que sur les paillettes. Voilà déjà une première piste sur la qualité de cette future édition.

Marianne

Critique : Effets secondaires, de Steven Soderbergh

A priori l’avant-dernier film de Steven Soderbergh, puisque le réalisateur compte partir en retraite, Effets secondaires est une excellente surprise. Après un décevant Contagion, un surprenant Piégée et un provoquant Magic Mike, on pouvait s’attendre à presque tout de la part de ce réalisateur touche-à-tout.

Ce polar, ouvertement très critique vis à vis de l’avidité de l’industrie pharmaceutique et du pouvoir des psychiatres, offre un scénario abouti. Dans ce triangle du chat, de la souris et du dupe, Jude Law (Sherlock Holmes, Anna Karénine) joue un psychiatre arriviste tout à fait convaincant, Rooney Mara (Millénium) une patiente émouvante et Catherine Zeta-Jones une psychiatre sans coeur. Tous trois excellents, ils vous entortillent impitoyablement dans leur toile tortueuse qui démontre à quel point psychanalyse et intrigue policière sont similaires.

Une première (et dernière ?) incursion dans le domaine du film noir très réussie.

Laurence

Après le film d’action version féminine (Piégée) et le film de strip-tease social (Magic Mike), Steven Soderbergh s’essaye au psycho-thriller.

Avec un sens du cadre faussement naturaliste, le cinéaste nous offre une première partie volontairement posée et introspective. Ronney Mara (Millénium de David Fincher) déprime et fonce droit dans un mur où le mot « Sortie » est écrit en gros. Pas besoin d’être psy pour comprendre le message, elle va mal. Commence alors un long traitement fait de pilules magiques prescrites par un Jude Law, psychiatre sexy malgré lui. En toile de fond, une critique du système pharmaceutique (mercantile alors qu’il devrait être bienveillant) s’ébauche.

Malheureusement, la deuxième partie du long métrage nous mène sur un chemin plus balisé. Le jeu du chat et la souris prend forme. Catherine Zeta-Jones (qui a raté sa chirurgie esthétique) se rajoute à l’équation. On pense à Basic Instinct, Color of Night (la dimension sexuelle en moins) ou à Peur Primale. Et ce retour aux années 90 n’est franchement pas ce qui sied le mieux à Soderbergh que l’on aurait souhaité plus inventif. Surtout pour ce que l’on annonce comme son avant-dernier film.

Marianne