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Critique : The Circle, de James Ponsoldt

Et si ? Et si la vie privée n’existait plus ? Le cinéma d’anticipation est plein de ces possibilités technologiques ou sociétales dont le développement va transformer notre monde. Souvent pour le pire. Avec The Circle, adapté du roman éponyme de Dave Eggers, James Ponsoldt (The Spectacular Now) nous plonge au cœur d’une entreprise 3.0, temple du cool qui n’est pas sans rappeler le roi de l’internet : Google. Notre billet d’entrée dans les coulisses de cette société tentaculaire se nomme Mae (Emma Watson) une jeune femme qui rêve de trouver sa place dans cet univers. Elle va apprendre qu’il faut toujours se méfier de ce que l’on souhaite…

Les meilleurs films de 2015

2015 s’est achevée et avec elle son lot de films disgracieux, étonnants, énervants, décevants, spectaculaires ou encore créatifs. Quels sont ceux qui marqueront l’histoire du 7e art ?  Diffcile à dire avec si peu de recul, mais comme chaque année Lost in Universes vous propose une sélection de ce qu’on a vu de mieux en 2015 dans un classement complètement subjectif… mais argumenté !

Critique : Le Pont des espions, de Steven Spielberg

Trois ans après Lincoln, Steven Spielberg est enfin de retour derrière la caméra. Moitié film d’espionnage, moitié film noir, Le Pont des espions revient sur l’histoire vraie de cet avocat missionné par le gouvernement américain pour faire un échange d’espions en pleine guerre froide. Le résultat est un long métrage élégant qui s’inscrit pleinement dans la thématique spielbergienne.

Les projets de Steven Spielberg

C’est l’un des réalisateurs les plus populaires au monde. Et pourtant, Steven Spielberg  n’a réalisé aucun film depuis 2012 et son très classe Lincoln. Le report de son projet Robocalypse, jugé trop cher par le studio, explique en grande partie cette longue attente. Déçu, le cinéaste a sans doute pris son temps avant de choisir son prochain projet. On sait par exemple qu’il a été attaché à la réalisation du récent American Sniper mais c’est finalement Clint Eastwood qui a remporté la mise. Rassurez-vous, le papa d’E.T. et de la Couleur Pourpre n’a pas chômé pour autant. Lost in Universes fait le point. 

Critique : Dans l’ombre de Mary Poppins : la promesse de Walt Disney, de John Lee Hancock

Saviez-vous que le chef-d’oeuvre de toute une génération, Mary Poppins, avait mis plus de vingt ans à voir le jour ? En cause, les réticences de son auteure, P.L. Travers, a céder les droits d’adaptation à l’oncle Walt. En coulisses, les deux se sont même livrés à une guerre des nerfs acharnée. Avec cette histoire méconnue, John Lee Hancock (The Blind Side) nous offre un voyage fascinant dans les coulisses de la création. Croquis, partitions, chorégraphies… l’imaginaire du film prend forme sous nos yeux émerveillés.

Critique : Cloud Atlas, d’Andy Wachowski, Lana Wachowski et Tom Tyker

Cloud Atlas, (la Cartographie des nuages) est une adaptation du troisième ouvrage du romancier anglais David Mitchell par Andy Wachowski, Lana Wachowski et Tom Tyker. A la base d’une idée (un peu trop ?) classique : chacun de nos choix moraux entraînera des conséquences sur notre existence  future, goutte d’eau perdue dans  l’univers toujours en mouvement de la vie.

Au tout début du film, le spectateur doit se laisser entraîner par les flux complexes que Cloud Atlas déploie. Avant de se laisser porter sans effort par un scénario très abouti naviguant du passé de l’esclavage américain au futur de l’humanité dans les étoiles en passant par les années 70. Les décors sont magnifiques (en particulier ceux de néo-Séoul), les personnages complexes et émouvants. La performance des acteurs est impressionnante. Car elle est loin d’être seulement due aux maquillages ! Un des charmes du film est d’inciter le spectateur à reconnaître quel acteur incarne quel  personnage dans chaque époque.

Une mention spéciale à Hugo Weawing (le Seigneur des anneaux) qui assume des rôles de personnages tous plus détestables les uns que les autres, en particulier l’Old Georgie dans l’île aux cannibales.

Les amateurs apprécieront les référence à  Soleil vert,  le film de science-fiction que Richard Fleischer adapta en 1973 du roman éponyme de Harry Harrison. Tous deux furent parmi les premiers à anticiper les méfaits de nos civilisations consuméristes.

Laurence

Sur le papier, l’adaptation de Cloud Atlas (Cartographie des nuages) le best-seller de David Mitchell était un sacré pari. Comment rendre justice à ce roman qui entremêle plusieurs histoires dans le temps et l’espace, toutes écrites dans des styles différents et révélant au fur et à mesure une trame sur l’universalité de l’humanité ? C’était quasi impossible. Et pourtant les Wachowski (qui ont déjà prouvé leur amour pour les univers complexes avec Matrix) épaulés par leur scénariste Tom Tyker (Le Parfum) s’en sortent haut la main.

Pour cela, ils s’appuient  sur un scénario parfaitement écrit qui entraîne le spectateur d’une époque à l’autre, en un clignement de cil. Si les premières minutes sont un peu perturbantes, l’histoire finit par s’imposer d’elle-même. Le travail de montage est tout simplement stupéfiant. Après les premières scènes d’expositions, passages obligés, on glisse d’un monde à l’autre naturellement, grâce à des transitions toujours plus fines et élaborées. Chaque univers possède ses propres codes, mais les réalisateurs ont conservé une esthétique élégante. Elle est toujours appropriée et  s’envole vraiment dans les passages futuristes et dans les années 70.

Autre tour de force, avoir réussi à ne sacrifier aucun personnage sur l’autel des effets spéciaux. De Halle Berry à Tom Hanks, en passant par Jim Strugess (Un jour), Ben Whishaw (Skyfall) et même Hugh Grant (qui joue les méchants avec une  certaine malice), le casting est au diapason.  Tous interprètent des rôles différents dans chacune des time lines, nous imposant une gymnastique  de l’esprit astucieuse, pour les reconnaître. Mais surtout ils constituent l’âme de ce long métrage.

Entre le thriller policier, le film de science-fiction, le drame amoureux, la comédie à l’anglaise ou encore la quête post-apocalyptique…Cloud Atlas est une expérience unique qu’il ne faut pas manquer de vivre sur grand écran.

Marianne