Tag Archives: Voyage dans le temps

Critique : A Ghost Story, de David Lowery

Sur l’affiche de A Ghost Story, on voit un fantôme dans sa pure expression enfantine (un drap blanc avec deux trous béants au niveau des yeux). Cette représentation spectrale épurée sur un fond noir n’est pas le présage d’un film d’horreur, comme certains spectateurs égarés dans les salles ont pu le penser. Au contraire, cette affiche annonce un long métrage antispectaculaire dont le principal argument est le temps qui passe. Amateurs de frissons et de jumpscares, on vous invite à passer votre chemin. Mais si certains d’entre vous sont prêts à sortir de leur zone de confort, alors le voyage poétique de David Lowery vous attend patiemment.

Critique : Terminator Genisys, d’Alan Taylor

Oubliez tout ce que vous pensiez savoir sur Terminator. Ce cinquième épisode réalisé par Alan Taylor (Thor, le Monde des Ténèbres) entend réinventer complètement la saga initiée par James Cameron dans les années 80. Voyage dans le temps oblige. Les scénaristes ont imaginé une nouvelle ligne temporelle. Ce qui fait de Genisys une sorte de prequel, reboot. Vous suivez ?

Critique : Projet Almanac, de Dean Israelite

Le voyage dans le temps est à la mode. Après Bis, qui projetait Franck Dubosc et Kad Merad dans les années 80, voici Projet Almanac de Dean Israelite. Soit une version ado et contemporaine du fameux Back in time. Mais je vous préviens, on est ici loin des atermoiements de Marty Mcfly et du Doc. Projet Almanac est produit par un certain Michael Bay, il n’a donc qu’une ambition : être un produit calibré et efficace à destination des adolescents. Le résultat est un savant mélange entre L’effet Papillon et Projet X.

Critique : Bis, de Dominique Farrugia

La comédie française serait-elle en manque d’inspiration. Après Camille redouble (qui était déjà un copié/collé du magnifique Peggy Sue s’est mariée de Francis Ford Coppola), Dominique Farrugia nous refait le coup du voyage dans le temps. Sauf que cette fois-ci, ce sont deux copains quinquagénaires qui se retrouvent aspirés dans le tourbillon temporel. Direction : les années 80. Les revoilà ados, béats, chevelus et le taux de testostérone à son max.

Critique : Interstellar, de Christopher Nolan

Interstellar est un dilemme pour les critiques. Comment retranscrire en quelques centaines de mots l’expérience unique que constitue ce long métrage ? Et le tout sans trop en dire ? Sans en dévoiler la quintessence… Christopher Nolan ne nous facilite pas la tâche. Mais c’est aussi pour ça que l’on aime ses films !

Critique : Edge Of Tomorrow, de Doug Liman

Le temps. C’est une donnée majeure dans le cinéma. Course contre la montre. Ellipse. Flash-back. De temps en temps, magie du Septième Art, on peut le réécrire. Bryan Singer vient de nous en donner un bel exemple avec son X-Men : Days Of Future Past. Edge Of Tomorrow explore lui le concept de boucle temporelle. Comme Bill Murray dans le sublime Un jour sans fin, Tom Cruise se retrouve condamné à revivre sans arrêt les mêmes 48 heures. Sauf que pour lui point de marmottes ou de Sonny and Cher, mais une bataille sanglante contre des extra-terrestres.

Critique : X-Men : Days of Future Past, de Bryan Singer

Bryan Singer l’a fait. Il a enfin repris les rênes de sa saga culte : les X-Men. Certes Matthew Vaughn avait déjà relancé la franchise avec talent, mais seul le créateur originel pouvait relever le défi narratif de ce X-Men : Days of Future Past. Car ce nouvel épisode joue allègrement avec les courbes du temps. Ici le passé et futur s’entremêlent pour créer un univers cohérent. Et ça fonctionne.

Critique : M. Peabody et Sherman, de Rob Minkoff

C’est dans les vieux pots que l’on mitonne les meilleures soupes. Après deux longs métrages 100 % originaux sortis l’an dernier (Les Croodset Turbo), le Studio Dreamworks donne un coup de jeune à une série animée des années 60. Très populaire aux Etats-Unis, un peu moins en France, cette fable suit les aventures d’un chien savant M. Peabody et de son fils adoptif Sherman.

Critique : Il était temps, de Richard Curtis.

Au pays du tea time et de la Queen Mum, la comédie romantique est presque une institution. Avec son humour décalé et ses personnages bigger than life, 4 Mariages et un enterrement avait imposé une patte typiquement British. Soit une comédie aussi drôle que charmante avec de vrais rebondissements. Un style initié par Mike Newell derrière la caméra et un certain Richard Curtis au scénario.

Critique : L’Autre Vie de Richard Kemp, de Germinal Alvarez

Qui est Germinal Alvarez ? Un cinéaste français qui a osé miser, pour son premier long métrage, sur un polar mâtiné d’une petite dose de fantastique. Le cas est assez rare pour ne pas le souligner. Et le monsieur doit forcément avoir du talent, puisqu’il a réussi à convaincre rien de moins que le charismatique Jean-Hugues Anglade (Braquo, Amitiés sincères) et la talentueuse Mélanie Thierry (Ombline, Comme des frères) de le rejoindre dans cette aventure.

Le pitch, simple, a le mérite d’être efficace. Suite à une mystérieuse chute, un policier se retrouve vingt ans dans le passé. Il y voit l’occasion d’enfin résoudre une ancienne série de meurtres perpétrés par celui que la presse appelait le Perce-oreille, tout en réécrivant le cours de sa vie.

Sans révolutionner le genre du Time Travel, Alavarez en maîtrise les codes et impose même certaines règles. Ici pas de paradoxes temporels chers à Emmet Brown dans Retour vers le futur ou de « What is done is done », leitmotiv de la série Lost. Le cinéaste préfère ouvrir le champ des possibilités quantiques. Richard Kemp a une vraie chance de changer sa destinée et avec elle, celles de plusieurs personnes de son entourage.

Outre le suspense propre à ce genre d’histoire, Alvarez a aussi écrit une histoire d’amour qui se joue des règles du temps. Et là encore, malgré son caractère impossible, il réussit à la rendre poignante et crédible. Il est aidé dans cette tâche par l’alchimie naturelle que émane du couple Jean-Hugues Anglade/Mélanie Thierry, qui tiennent chacun un double rôle à vingt ans d’intervalle. Leurs trajectoires s’entremêlent pour notre plus grand bonheur.

Le temps n’est pas la seule donnée essentielle de L’Autre Vie de Richard Kemp. La notion d’espace est tout aussi importante. Sous l’oeil de la caméra d’Alvarez, La Rochelle se transforme en un véritable décor de polar urbain. Avec son architecture géométrique et froide, ses ambiances de docks désaffectés, d’appartements sans âme, sa lumière jaunie et sombre, ses quartiers résidentiels mornes… la cité maritime devient le terrain de jeu idéal pour n’importe quel tueur en série.

Une belle réussite formelle qui n’empêche pas deux petits regrets. Tout d’abord, le long métrage aurait gagné en envergure en développant un peu plus les personnages secondaires. Ensuite, l’absence totale d’humour empêche le film de transcender le genre auquel il appartient. En introduisant quelques petites touches plus légères, sans rien enlever à sa dimension dramatique, L’Autre Vie de Richard Kemp aurait put sortir du carcan du film français sérieux. 

Deux remarques qui n’affectent en rien notre envie de suivre de très près la suite de la carrière de Germinal Alvarez.

Marianne

Un polar fantastique français ? Ce genre de film est bien trop rare pour qu’on le néglige. Et sans être une vraie réussite, L’Autre Vie de Richard Kemp présente néanmoins des qualités certaines.

Parmi les très bonnes surprises, la cohérence du scénario qui est inventif et ne s’embarrasse pas d’explications inutiles. Le casting qui tient la route. Le rendu crasseux de l’atmosphère des années quatre-vingt qui est si parfait que l’on s’y croit sans problème. Le choix des décors industriels des usines désaffectées, du port et du viaduc qui est un vrai coup de maître.

Attention, spoilers !

Mais certains éléments ne fonctionnement pas. En premier lieu, la règle d’or du polar d’enquête selon laquelle on cherche un coupable parmi des suspects n’est pas respectée, et l’on n’est pas très intéressé au final de découvrir qui se dissimule derrière le fameux Perce-oreille. Une fois encore, le spectateur se retrouve avec un serial killer monstrueux qui tue par plaisir, sans rime ni raison (The Call, The Iceman…). C’est aussi frustrant que lassant, pour dire le moins. Les scénaristes, français comme américains, ne sauraient-ils plus construire un bon vieux suspense criminel dont les motivations seraient capables de surprendre le spectateur ?

En deuxième lieu, les dialogues sont vraiment trop convenus et sans humour. Aussi Jean-Hugues Anglade et Mélanie Thierry ne sont-ils réellement émouvants que lorsqu’ils s’embrassent.

Grâce à ses qualités indéniables, on verrait toutefois bien les Américains avoir envie de s’inspirer de ce film pour un remake. Avec Brad Pitt en Richard Kemp pour le charme, Carey Mulligan pour l’émotion et Seattle pour les décors.

Laurence